Jeudi 23 juin 2022, c’était la grande première de l’université libre et ouverte des Minimes. Une conférence-débats conviviale alliant partage de savoirs et temps de réflexion en groupe. L’occasion d’en apprendre plus sur la complexité et le potentiel de ces lieux. Voici le compte-rendu de cet événement.

Première partie – partage des savoirs

Céline de Mil nous a éclairé sur l’origine de la notion de “lieux infinis”. Un concept étudié et porté depuis 2018 par le collectif Encore Heureux Architectes. Leurs recherches concluent sur l’opportunité d’expérience globale que ces lieux offrent. Une démarche engagée qui vient redéfinir les usages, requestionner les rôles de chacun, remettre de la démocratie dans nos manières de faire de l’urbanisme et de penser des projets sociétaux. Elle transforme le métier d’architecte en lui suggérant de devenir l’élément de lien : temps de préfiguration, de permanence de chantier, de collaboration entre différents acteurs, des collectivités aux habitants du quartier. Les lieux infinis placent la co-construction au cœur de sa réussite.

Ce qu’on retient, c’est “l’importance d’aller à la rencontre de ceux qui n’oseraient pas entrer pour leur ouvrir ces espaces et co-construire avec eux un lieu à leur image.”

Jean Karinthi nous a partagé son expérience de lieu infini avec l’Hermitage : un collectif de citoyens œuvrant à la construction d’un lieu d’innovations rurales et sociales dans les Hauts de France. Il nous a présenté tout le potentiel porté par ces lieux qui viennent requestionner la rigidité de certains usages et l’enjeu du foncier ; en appuyant sur l’importance du collectif et de la communauté pour leur réussite. Jean les présente comme des lieux ouverts à tous pour co-construire des alternatives et redynamiser les milieux ruraux. Il a aussi souligné la complexité de ce processus : les difficultés d’anticipation, la capacité à se réinventer continuellement, à accueillir et voir partir des membres de la communauté, à convaincre les banques d’investir, à s’entourer politiquement.

Ce qu’on retient, c’est “l’importance de faire confiance à son instinct et de croire en ces projets qui recréent du lien et offrent des espaces à ceux qui veulent faire.

De beaux échanges animés par Mathieu Genty, co-fondateur des Minimes, un lieu infini ou plutôt non-finis. Un ancien couvent en plein cœur de Grenoble pour co-construire des alternatives pour demain et repenser nos façons de vivre, grandir et travailler ensemble. Il a souligné l’importance de la communauté.

Ce qu’on retient, c’est “l’importance de faire confiance à ceux qui se mettent en action pour proposer des alternatives ayant un impact sociétal positif.

Deuxième partie – temps d’échange et de réflexions en groupe

Pour ce deuxième temps nous avons identifié trois problématiques autour de l’infinité du lieu, de la communauté et des usages. L’objectif, partager et réfléchir ensemble à des idées, des bonnes pratiques ou des pistes de réflexions pour tenter d’y répondre.

Que ce soit autour de la tireuse ou vers les tableaux affichant les problématiques, nous avons eu la chance de prendre le temps de nous rencontrer, d’échanger nos réflexions et idées pour imaginer ensemble comment réussir à mettre en marche et pérenniser les lieux infinis.

Voici vos réflexions et nos échanges autour de chaque thématique :

Lieu – Quels types d’espaces non finis peut-on inventer pour s’adapter aux futurs usages ?

Quelques uns de nos échanges :
– Partager les espaces à ceux qui n’en n’ont pas, pour favoriser l’émergence d’acteurs qui n’ont pas les moyens de pouvoir se payer des espaces de travail, d’exposition, d’expérimentation.
– Donner une utilité à des lieux de passage (transformer les escaliers, halls et couloirs en galerie d’art)
– Avoir des espaces modulables pour s’adapter à différents usages (faire du bar une salle de conférence, transformer l’espace bien-être en salle de formation, moduler le salon de l’hostel en cinéma éphémère, etc.)
– Rendre le lieu accessible, sans barrières ou obstacles qui pourraient questionner la légitimité ou la possibilité de chacun à entrer
– En fonction de la situation de lieu, être l’espace central des rencontres et des synergies entre les différents acteurs du territoire

Communauté – Pris dans le quotidien économique du lieu, comment maintenir une communauté vivante et engagée ?

Quelques uns de nos échanges :
– Comment faire en sorte que les personnes se sentent légitimes de venir proposer des actions au sein du lieu ?
– Comment communiquer au plus grand nombre ?
– Faut-il écrire des règles pour réussir à fédérer la communauté ?
– Créer des lieux gouvernés par tout un collectif pour mutualiser et réduire les coûts, se responsabiliser sur la gestion d’un espace commun, mutualiser des outils et savoirs faire variés, s’enrichir des compétences de chacun.
– Participer aux réunions de quartier portées par les acteurs publics, associations ou commerçants.
– Quels outils déployer pour fédérer et animer la communauté ?

Usages – Quels usages sont pertinents à attribuer aux lieux infinis ?

Quelques uns de nos échanges :
– Mutualiser les espaces et outils de travail
– Créer des partenariats avec les associations du quartier – penser et proposer ensemble des moyens pour accompagner les personnes dans leur émancipation
– Aller plus loin dans l’usage, un chef cuisinier ne peut-il pas sensibiliser à l’alimentation durable ?
– Être un lieu de citoyenneté

Une chose est sûre, pour penser et ouvrir ces lieux infinis il est indispensable de se rencontrer, nouer des liens et prendre le temps de réfléchir et d’expérimenter ensemble ce que nous souhaitons faire de ces espaces pour co-construire demain.

Quel événement !
Un temps riche de connaissances, d’échanges, et surtout, de rencontres !